-Ce soir, il y aura un homme! (Vous ne le savez peut-être pas mais c'est de vous que l'on parle.)
-Le foie doit encore palpiter. C'est comme ça que c'est le meilleur...
-Moi, ce que je préfère, c'est les yeux... surtout quand ils sont encore chauds !
La troupe s'arrête près d'une fondrière dissimulée par la brume. On vous retire vos chaînes, mais on laisse vos mains attachées. Puis on passe une corde autour de votre cou et ils vous précipitent dans le marécage. Et vous vous sentez inexorablement aspiré par le sol. Et, pour parachever votre malheur, une des créatures malfaisantes saute sur vos épaules, attrape la laisse qui pend à votre cou, la fixe solidement à un jeune saule en laissant si peu de longueur que l'arbuste demeure incliné au-dessus du marais. Et le saule s'incline encore, souplement : seule votre tête est désormais hors de l'eau. L'arbre est maintenant presque à l'horizontale, et seule la solidité de ses racines peut vous empêcher désormais de vous noyer. Puis le Fangeur saute à bas de vos épaules et, suivi de ses compagnons, il repart sur les lieux de la fête. Vous êtes là accroché à votre saule comme un poisson à un hameçon. Et vos mains liées vous interdisent tout mouvement pour vous libérer. Et la nuit passe. L'aube arrive. La fête a atteint son maximum. Puis, dans les clameurs, vous voyez s'approcher quelques Fangeurs portant un chaudron rempli de braises et, dans ces braises des pincettes portées au rouge sont plantées. Ils déposent le chaudron près du saule qui vous soutient et ils disparaissent, vous laissant au comble de l'angoisse. Un peu plus tard, une autre silhouette s'approche de vous: c'est la jeune fille. Elle vous regarde avec pitié.
-Cette journée est déjà suffisamment affreuse. Je ne peux pas les laisser vous torturer ainsi. Je ne peux pas les laisser vous transformer en appareil nourricier de leurs rejetons.
Et elle s'attaque aussitôt aux nœuds qui vous relient au saule. Il est certain que la jeune fille a l'intention d'abréger vos souffrances en vous noyant dans le marais. Il faut que vous trouviez une autre solution et vite. Vous pouvez lui dire que vous l'aimez: rendez-vous au 111. Vous pouvez prétendre que vous connaissez le moyen infaillible de la sauver, elle et toute sa famille: rendez-vous au 39. Vous pouvez bien entendu penser que le fait d'être un instrument aux mains des Fangeurs n'est pas si grave: rendez- vous donc au 138.